Aménagements hydrauliques pour la prévention et la protection contre les crues
Objectif: Mesurer l'évolution de la politique publique sur le volet aménagements pour la prévention ou protection contre les crues.
Définition: quantification et capacité des différents ouvrages en fonction de leur type.
Source : CG30, Syndicat Mixte Départemental, syndicats de bassin versant, DDTM du Gard et ville de Nîmes.
Contexte :
Dans ce chapitre nous distinguerons plusieurs types d’aménagements.
I. Ouvrages de prévention contre les inondations
Les ouvrages de prévention permettent de réduire les apports en crue en stockant temporairement les eaux et en les restituant progressivement après la pointe de crue.
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Les bassins de rétention et les barrages fonctionnent selon le même principe qui consiste à barrer le lit majeur d’un cours d’eau. Le stockage du volume de crue excédentaire se fera derrière cette barrière qui prendra la forme pour un bassin de rétention d’une digue en terre le plus souvent et d’ouvrages en béton armé pour les barrages.
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Les ouvrages de compensation fonctionnent selon le même principe de stockage temporaire. Leur vocation est toutefois différente. Ils viennent en effet compenser les débits supplémentaires, résultat de l’augmentation de capacité hydraulique réalisée sur les chenaux amont ou de l’augmentation de l’imperméabilisation.
II. Ouvrages de protection contre les inondations
Ce sont des ouvrages qui permettent de réduire les débordements à proximité des enjeux (humains, économiques, etc.).
On peut distinguer deux types d’ouvrages :
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Les digues : ouvrages linéaires implantées dans le lit majeur des cours d’eau parallèlement aux berges et qui vont permettre de contenir les débordements.
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Le recalibrage : opération dans le lit mineur du cours d’eau qui va permettre d’augmenter la capacité d’évacuation soit en augmentant la section de passage soit en réduisant la rugosité du lit et du fond.
II. Ouvrages de ressuyage des terres inondées
Les ouvrages de ressuyage interviennent après la crue afin d’accélérer le retour à la normale dans les zones qui ont é té inondées. Les dispositifs sont en général constitués de réseau de fossés et de stations de pompage.
a) Ouvrages existants
1. Barrages départementaux écrêteurs de crue
Le département du Gard possède 5 barrages départementaux écrêteurs de crues dont la construction a été lancée suite aux crues exceptionnelles de 1958.
Ces ouvrages ont été fortement mobilisés lors de la crue de 2002 dépassant même leurs hypothèses de conception comme sur le barrage de la Rouvière (Vidourle).
Ces ouvrages sont propriétés du Conseil Généal. Ils étaient auparavant gérés par les services de la DDE du Gard mais depuis 2006 le Département en assure l’exploitation.
Caractéristiques des barrages écrêteurs dans le Gard
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Nom du barrage |
cours d'eau |
commune |
description |
capacité totale de la retenue (en Mm3) |
débit total des évacuateurs (en m3/s) |
hauteur maximale par rapport au terrain nautrel (en m) |
année de réalisation |
coût total (en millions de francs MF) |
|
Barrage de Sainte Cécile d'Andorge |
Gardon d'Alès |
Sainte Cécile d'Andorge |
barrage type remblai (terre ou enrochements) |
16,40 |
920 |
42 |
1967 |
17,3 |
|
Barrage de Conqueyrac |
Vidourle |
Conqueyrac |
barrage type poids (enrochements agencés à mur à échelle) |
11,90 |
1 160 |
17 |
1982 |
31 |
|
Barrage de Ceyrac
|
Rieumassel |
Conqueyrac |
barrage type poids |
7,00 |
200 |
16 |
1971 |
6,55 |
|
Barrage de la Rouvière |
Crieulon |
Bragassargues |
barrage type poids arqué |
13,90 |
620 |
18 |
1978 |
9,65 |
|
Barrage de Sénéchas |
Cèze |
Le Chambon, Les Vans (07) |
barrage type voûte épaisse à simple courbure |
16,20 |
2 250 |
58 |
1977 |
38,5 |
Source : Conseil Général du Gard, 2009.
Ces 5 barrages jouent un rôle important de régulation des cours d’eau en vue d’écrêter les crues. Ils stockent au total un volume de L’ensemble des barrages du fait de leur dimension et du risque potentiel qu’ils font courir aux populations situées en aval ont été classées comme intéressants la sécurité publique. Ils font l’objet de surveillances instituées par la circulaire n°70-15 du 14/08/1970 (consultation permanente des ouvrages, visites périodiques annuelles et décennales, exploitation statistique des mesures). Les barrages de Sainte Cécile d’Andorge et de Sénéchas sont considérés comme des grands barrages, ayant à la fois une hauteur supérieure à Ces mesures sont définies dans les Plans Particuliers d’Intervention (PPI) qui établissent notamment les différents niveaux d’alerte et l’onde de submersion correspondant à un risque de rupture de barrage sur les communes en aval des ouvrages.
Carte du risque technologique « rupture de barrage » (Dossier Départemental des Risques Majeurs, Préfecture du Gard, 2005).
2. Programme Cadereau de la ville de Nîmes
La ville de Nîmes a lancé suite aux inondations du 3 octobre 1988 un Plan de Protection contre les Inondations (PPCI) qui a consisté en la construction de bassins de rétention, l’aménagement des cadereaux et la mise en place d’un système d’alerte (ESPADA).
Suite aux inondations de septembre 2005, un Plan d’Action de prévention des Inondations appelé aujourd’hui le programme Cadereau a été signé en 2007 entre la ville et l’Etat.
Le PPCI initial comprenait depuis la plaine jusqu’au Garrigues :
-
l’aménagement des cadereaux aval jusqu’au Vistre.
-
la création de bassins de compensation en aval de l’autoroute A9.
-
la réalisation de « passages hydrauliques » sous la voie ferrée, le boulevard Allende et l’autoroute.
-
le renforcement des capacités de débit des canalisations primaires sous le centre-ville.
-
l’aménagement des cadereaux en amont.
-
la création de bassins de retenue sur l’amont des cadereaux.
La ville a chois de prioriser les bassins amont qui ont une efficacité immédiate par la réduction des pics de crue. Leur efficacité a pu être prouvée lors de l’évènement du 6 et 8 septembre 2005.
A ce jour ont été réalisés :
ü 18 bassins de rétention (capacité totale de
ü 3 bassins dits « de dégravement » permettant de limiter le pouvoir érosif du flux des eaux
ü 1 grand bassin de stockage en amont sur le cadereau de la Pondre (capacité d’un million de m3).
ü 3 bassins en aval.
ü 4 bassins de compensation (capacité >
ü Travaux de franchissement et de recalibrage des cadereaux (Eau Bouillie, collège Jean Rostand).
Au total, la dépense aura été de 69 millions d’euros pour le PPCI.
126 millions d’euros sont prévus pour le programme Cadereau (2007-2013) qui prévoit de prolonger les travaux pour augmenter les capacités de retenue en amont de la ville, aménager les cadereaux en zone urbaine dense et construite de grands fossés dans la plaine.
Le programme Cadereau intègre aussi la maîtrise de l’urbanisme, l’information préventive des populations et le système d’observation et d’alerte (Espada) qui permet d’anticiper les éventuels débordements des cadereaux.
3. Bassins de rétention construits dans les communes du Gard
On peut citer principalement :
· le bassin de rétention de Théziers qui a été construit afin de protéger la zone urbanisée des inondations récurrentes du Briançon, affluent du Gardon (en 2003, volume stockable de
· le bassin de rétention de Vauvert construit pour protéger la commune contre les inondations du valat de la Reyne (en 2008, 136.
· le bassin de rétention de Vermeille Nord à Saint Christol les Alès (en 2005, 510 K€).
· Ouvrage de surstokage de Saint Geniès de Malgoires : bassin de rétention de
4. Digues de protection contre les inondations
Pour les digues anciennes, voir l’indicateur spécifique : digue de protection contre les inondations.
· Digue urbaine de Saint Laurent d'Aigouze: Le SMI du Vidourle a réalisé pour le compte de la commune en délégation de maîtrise d’ouvrage cette digue (en 2008, linéaire de
· Confortement de la digue urbaine de Remoulins : confortement d’une digue ancienne protégeant le centre urbain. Le projet a été porté par la commune et le SMAGE (en 2010, coût de 330.000 € HT).
· Confortement de la digue de Lunel (Hérault) : confortement de digue existante porté par le SMI du Vidourle, achevée en 2010 pour un montant de
5. Recalibrage
· Aménagement de l’Amériquette sur la commune de Sauveterre : recalibrage d’une roubine d’évacuation des eaux vers le contre-canal des digues de la Compagnie Nationale du Rhône (CNR). Le projet est porté par le SM d’Aménagement des Bassin versants du Gard Rhodanien (en 2009, 350.000 € HT).
· Aménagement du Gardon dans la traversée d’Alès (suite aux inondations de 2002 - tranche 3) : il s’agit d’un projet de confortement de pied de digues et d’amélioration de l’hydraulicité du lit du cours d’eau dans sa traversée d’Alès. Le projet a été porté par la Communauté d’Agglomération d’Alès. Il a été achevé en 2010 pour un coût total de
· Mise en sécurité du Grabieux dans la traversée d’Alès: recalibrage du cours d’eau dans la traversée d’Alès, porté par la CA d’Alès. Il a été achevé en 2010 pour un montant tiotal de
6. Ressuyage
· Ressuyage des terres au nord du Vistre dans le cadre de l’aménagement de Villetelle à la mer: porté par le SMI du Vidourle sur la commune de Saint Laurent d’Aigouze, achevée en 2009 pour un coût de
b) Ouvrages en projet
Plusieurs autres projets ont été lancés :
Ø Projets en cours :
· Amélioration de l’évacuation des eaux dans la plaine de Beaucaire - Fourques : il s’agit d’un projet de ressuyage des crues du Rhône porté par le Syndicat Intercommunal d’Assainissement Agricole (SIAA) de la plaine de Beaucaire Fourques. Le projet bénéficie aux communes de Beaucaire, Bellegarde, Fourques et Saint-Gilles et a un montant prévisionnel de
· Confortement de la digue de protection contre les inondations de la commune de Beaucaire : confortement de la digue existante porté par le SYMADREM pour un montant de 790.000 € HT.
Ø Projets à l’étude :
· Construction d’une digue de protection rapprochée sur la commune de Codolet (coût estimatif
· Amélioration de l’évacuation des crues vers la mer en Camargue gardoise (SM de la Camargue Gardoise, coût estimatif de
· Aménagement du lit de la Tave dans la traversée de Tresques : porté par le SM AB Cèze, coût estimatif de 1,2
· Réaménagement de la digue du Grès à Pujaut : porté par le SMA du Gard Rhodanien, coût estimatif de 425.000 € HT.
· Réaménagement de la digue de la Levade à Saze : porté par le SMA du Gard Rhodanien, coût estimatif de 420.000 € HT.
Modifié le 15-09-2011
