Extension de la zone urbanisée en zone inondable
Objectif: Mesurer les enjeux humains soumis au risque inondation.
Définition: Superficie urbanisée située en zone inondable (soumises à un aléa inondation).
Source : Etude CG 30 / L Wateau & B Ségala mars 2006, décembre 2007, avril 2008, septembre 2009 et mai 2011 à partir de l’exploitation de données d’occupation du sol [Scan 25 de l’IGN, BD Corine Land Cover 1990, 2000 et 2006, BD Topo de l’IGN (2000 et 2009), Orthophotoplan, photographies aériennes (IGN, 1970)], de l’Atlas Hydrogéomorphologique du Gard 2010 et de la Zone Inondable 2008 de
Précision sur les zones inondables
Les zones inondables prises en compte dans cette étude sont pour la plupart issues de l’Atlas hydrogéomorphologique de
Pour les autres secteurs (Rhône et Gard Rhodanien), les zonages correspondent aux limites inondables maximales connues qui servent toujours de référence (PSS Rhône, études ponctuelles secteur Rhône SDAH et Camargue, PPPRI récemment mis à jour sur le Gardon amont et moyen Vidourle).
Pratiquement, la couche des zones inondables qui est utilisée est issue de l’agrégation de l’atlas des zones inondables de la DREAL (version 2010), et de la couche régionale des zones inondables (DREAL LR version 2008) qui intègre le PSS du Rhône.
Il s’agit donc d’une compilation des données disponibles les plus récentes au moment de l’étude, certes non exhaustives, et par ailleurs pas forcément homogènes entres elles.
On distingue deux types zone inondable (ZI) :
- La première catégorie (celle-ci apparaissant dans les tableaux et cartes sous la dénomination « ZI_NAT ») correspond aux inondations « naturelles » délimitées par les terrasses alluviales sur des critères d’hydro-géomorphologie.
- La seconde (cette catégorie apparaissant dans les tableaux et cartes sous la dénomination « ZI_INOP », INOP pour « Inondations Potentielles ») décrit des phénomènes différents qui peuvent se produire lors d’épisodes pluvieux importants et générant des inondations pas toujours liées au cours d’eau. Il s’agit notamment de :
* ruissellement pluvial agricole, urbain ou rural,
* inondations liées aux obstacles d’origine anthropique,
* sur-sédimentation.
Ces phénomènes sont, au mieux, une gêne pour la population, au pire, un réel danger. Il était donc important de tenir compte de ces risques d’inondation un peu particuliers, même si la délimitation des secteurs concernés ne peut être très précise compte tenu des caractères aléatoires et difficilement prévisibles de ces évènements. De ce fait, l’estimation a parfois été rendue difficile et les résultats issus de ces secteurs INOP devront être utilisés avec précaution.
Les résultats faisant référence à une zone inondable sont donc intégrés dans l’étude sous les appellations suivantes :
§ zone inondable naturelle (ZI_NAT).
§ autres types d’inondation (ZI_INOP).
§ zone inondable totale (ZI_NAT + INOP).
Mode de calcul :
On croise deux zonages : les zones inondables et les zones urbanisées.
Conformément aux objectifs d’estimation de la « vulnérabilité de la population » en zone inondable, les surfaces urbanisées retenues correspondent aux secteurs d’habitat et à ceux liés aux principales activités de la population (notamment les zones industrielles et commerciales). Il s’agit en quelque sorte des secteurs bâtis d’un territoire communal.
Il apparaît donc possible d’apprécier un autre élément de la vulnérabilité d’une population en zone inondable sur une commune, au travers du bâti, c'est-à-dire une grande part des secteurs de vie de ses habitants : leur domicile et leurs principaux lieux d’activités (à nouveau indépendamment de leurs déplacements, comme pour l’estimation de la population).
Données disponibles :
Base de données Corine Land Cover (CLC) : disponible pour les années 1990, 2000 et 2006, il s’agit d’une représentation de la zone urbanisée qui est de faible précision (1/100.000ème) qui a tendance à surdimensionner les zones urbanisés car elle englobe des secteurs non bâtis mais elle ne prend pas en compte l’habitat isolé ou peu dense. Ainsi avec BD CLC 2006, seules 233 communes sur 353 présentent un noyau urbain suffisamment important pour être représenté dans cette base de données. L’avantage de cette base de données est qu’elle est reconnue et mise à jour régulièrement, elle est donc comparable à plusieurs années d’intervalle. De plus, elle distingue trois types d’urbanisation (urbain continu, urbain discontinu, zones industrielles et commerciales).
Base de données BD Bâti 2000 et 2006 : cette base de données a été créée spécialement pour l’ORIG à partir de la couche « bâtiment » de
Base données OCSOL LR : disponible pour les années 1999 et 2006 sur l’ensemble du département : il s’agit d’une nouvelle base de données géographiques d’occupation du sol à l’échelle de
Etude des communes à enjeux (évolution de 1970 à 2000) : cette analyse plus précise a été réalisée à partir de photographies aériennes (année 1970) et de
Voir analyse historique des communes à enjeux.
Il apparaît par expérience qu’il faut une échelle d’au moins du 1/25.000ème pour saisir toute l’hétérogénéité du bâti. Ainsi les BD Bâti 2000 et 2006 semblent constituer à ce jour une des solutions les plus pragmatiques pour appréhender la tâche urbaine. Ainsi 315 communes présentent des « surfaces bâties » en zone inondable (282 antérieurement avec
Par contre,
Dans l’analyse qui suit, les deux bases de données (BD CLC et BD Bâti) ont été traitées séparément : la signification des informations qui en sont issues diffère, comme leurs précisions. Et il est donc tout à fait normal qu’il existe un écart entre les résultats bruts obtenus à partir de chacune de ces bases de données.
Dans ce domaine, il a été démontré que la base de données CLC “surestime" globalement, et de façon générale, les superficies urbanisées : +18% en 2006 par rapport aux résultats obtenues avec
Par contre, en terme d’évolution entre 2000 et 2006, CLC sous-estime la consommation d’espace par l’urbanisation (environ -27% par rapport aux mesures faites avec
Résultats :
Surfaces urbanisées en zone inondable en 2006 dans le Gard (en ha, d’après
|
Bassin versant (BV) |
Surface urbanisée totale du BV (ha) |
Surface urbanisée en Zone Inondable naturelle (ZI NAT) (ha) |
Surface urbanisée en Zone Inondable anthropique (ZI INOP) (ha) |
Surface urbanisée en Zone Inondable totale (ZI NAT + INOP) (ha)
|
% surface urbanisée ZI NAT / surface totale urbanisée |
% surface urbanisée ZI NAT+INOP / surface totale urbanisée |
|
Gardons |
7 913 |
1 142 |
102 |
1 244 |
14,44 |
15,73 |
|
Cèze |
3 809 |
462 |
44 |
506 |
12,14 |
13,29 |
|
Rhône |
3 166 |
1 031 |
247 |
1 278 |
32,57 |
40,37 |
|
Ardèche |
361 |
18 |
0 |
18 |
4,99 |
4,99 |
|
Vidourle |
2 166 |
664 |
23 |
687 |
30,64 |
31,71 |
|
Vistre - Rhony |
7 727 |
2 622 |
1 194 |
3 816 |
33,93 |
49,38 |
|
Hérault |
867 |
161 |
0 |
161 |
18,57 |
18,57 |
|
Tarn - Dourbie |
150 |
11 |
0 |
11 |
7,32 |
7,32 |
|
GARD |
26 346 |
6 109 |
1 617 |
7 726 |
23,19 |
29,32 |
Source: ORIG, Service de l'Eau et des Rivières - CG30 / L Wateau & B Ségala, 2011 d'après
Commentaires:
A l’échelle du département
En matière d’urbanisation, l’estimation cumulée des surfaces bâties en zone inondable sur le département, sur la base de
Pour information, avec CLC 2006, les chiffres obtenus sont de
A l’échelle départementale, il est donc évalué que 29 % des zones urbanisées se situent en zone inondable alors que la zone urbanisée n’occupe que 4.5% de la superficie du territoire gardois.
La majeure partie de ces zones urbanisées en zone inondable sont situées sur le bassin versant du Vistre - Rhony (Nîmes et ses communes périphériques) qui concentre plus de la moitié des surfaces urbanisés du département et aussi sur ceux du Rhône (en particulier le secteur de la Cmargue Gardoise), Gardons et Vidourle.
Type de zones urbanisées
En outre, du point de vue de la nature de l’urbanisation concernée par le risque inondation, il apparaît que, d’après CLC, 3.4 % de ces zones urbanisées en zone inondable correspond à de l’urbain continu (UC), 76,2 % à de l’urbain discontinu (UD) et 20,4 % à des zones industrielles et commerciales (ZI_ZC), en comparaison avec les proportions relevées globalement sur l’ensemble du département du Gard : respectivement 1.7% pour l’UC, 87.2% pour l’UD et 11.1 % pour ZI_ZC.
Les zones industrielles et commerciales sont donc particulièrement sur-représentées en zone inondable.
Evolution de l’urbanisation depuis 1990
Pour ce qui est de l’évolution de l’urbanisation des surfaces urbanisées en zone inondable depuis 1990, on peut distinguer deux tendances :
- Avant 2000 (CLC), l’urbanisation en zone inondable semblait encore être privilégiée, une augmentation de la proportion des zones urbanisées en zone inondable notamment en zone naturelle étant observée.
- Après 2000, les deux bases de données (CLC et Bâti) montrent par contre une légère tendance à la baisse du pourcentage des zones urbanisées en zone inondable.
D’après CLC, l’accroissement des surfaces urbanisés en zone inondable a été estimé à +0.81%/an soit environ +78 ha/an entre 1990 et 2006. Cette tendance est plus marquée en zone naturelle (+0.85%) qu’en zone INOP (+0.66%). En différenciant les deux périodes (1990-2000 et 2000-2006), un certain ralentissement est observé au cours de la seconde période de +0.87% (+80 ha/an) à +0.75% (+76 ha/an) alors qu’on observe au contraire une accélération de l’accroissement des surfaces urbanisées du point de vue général donc plutôt hors zone inondable.
D’après
Il apparaît donc qu’entre 2000 et 2006 au niveau du Gard, on observe une légère tendance à la baisse du pourcentage de zones urbanisées en zone inondable (de 30.2% à 29.3%).
Du point de vue du type d’urbanisation mesuré avec CLC entre 1990 et 2006, on observe que le tissu urbain discontinu s’étend toujours plus en zone inondable (classe UD : + 47ha/an ou +0.63%/an) notamment en relation avec l’extension périurbaine des différentes agglomérations du département. D’autre part, l’extension des zones industrielles et commerciales ne cesse de consommer de l'espace, avec la particularité à souligner que ces nouvelles installations se font de manière privilégiée en zone inondable (classe ZI_ZC : +31ha/an ou +1.71%/an).
Liens entre population et surfaces urbanisées
Il est remarqué que les zones urbanisées en zone inondable présentent généralement une densité de population plus importante que la moyenne départementale.
Il faut en effet considérer que plus de 38% de la population du département vit en zone inondable (265.000 hab.) sur près de 30% du territoire urbanisée (
Une analyse approfondie a montré le poids de la ville de Nîmes, compte tenu de la spécificité de ce milieu urbain très dense et en grande partie en zone inondable par rapport aux autres communes du département. En effet, près de 40% de la population gardoise en zone inondable habite Nîmes alors que les zones urbanisées nîmoises ne représentent que 20% des zones urbanisées du département.
La densité en zone inondable varie de 67 hab./ha en ZI à Nîmes à 26 hab./ha en zone inondable sur les autres communes du département.
En matière d’évolution, la population et les zones urbanisés ne cessent d’augmenter en zone inondable comme ailleurs mais certaines particularités peuvent être relevées :
- La part de la population en zone inondable présente une tendance à la hausse depuis 1999 (de 37.7% en 1999 à 38.5% en 2006, soit +1.62%/an ou +4000 hab/an) à relativiser du fait du changement de méthode d’estimation entre les deux dates.
- Alors qu’on observe une tendance à la baisse de la proportion des surfaces urbanisées en zone inondable (30.2% en 2000 à 29.3% en 2006, soit +0.95%/an ou +71 ha/an).
La Ville de Nîmes est manifestement responsable de l’accélération de l’accroissement de la population en zone inondable, le reste du département présentant un taux d’accroissement annuel beaucoup plus modéré (+0.96%).
En effet, si on réalise l’analyse en excluant la ville de Nîmes, on observe au contraire que l’explosion démographique a plutôt lieu hors zone inondable. Sur ce groupe de communes (Département sans la ville de Nîmes), il existe une étroite corrélation entre les taux d’accroissement annuel mesurés entre 1999/ 2000 et 2006 aussi bien pour la population que pour les zones urbanisées (BD Bâti), en effet ceux-ci sont sensiblement équivalents et nous conduise à la conclusion que l’explosion démographique et l’urbanisation s’effectuent sur ces communes préférentiellement hors zone inondable, tout du moins en général.
Analyse par bassin versant
En matière de superficies urbanisées en zone inondable, le bassin versant du Vistre - Rhony, avec la ville de Nîmes (
- Les zones urbanisées en zone inondable du bassin versant représentent 49% des zones urbanisées du bassin versant,
- Les zones urbanisées en zone inondable du bassin versant représentent 49% des zones urbanisées en zone inondable du département,
- Celles de la ville de Nîmes représentent 53% des zones urbanisées de cette commune et 20% des zones urbanisées en zone inondable du département.
Viennent ensuite le bassin versant du Rhône-Camargue (
En matière d’évolution entre 2000 et 2006 (d’après BD Bâti), le bassin versant du Vistre-Rhony est aussi mis en exergue puisqu’il présente la plus grande consommation d’espace en zone inondable en valeur absolue :
Au dessus de la moyenne départementale, on trouve également
D’après
Par contre, une accélération de l’urbanisation en zone inondable se ferait ressentir depuis 2000 en Camargue Gardoise mais également sur le bassin versant des Gardons.
Analyse par commune
La ville de Nîmes se distingue évidement comme la commune comportant la plus grande zone urbanisée en zone inondable (
17 autres communes présentent également dans une moindre mesure des valeurs élevées (>
En matière de proportion des zones urbanisées en zone inondable, 6 communes sont situées entièrement en zone inondable (Aimargues,
Parmi les communes présentant des accroissements annuels de surfaces urbanisées en zone inondable les plus importants, on retrouve la ville de Nîmes avec +11.4 ha/an, 4 autres communes avec un accroissement annuel de plus de
Modifié le 08-09-2011
