L'indispensable réduction de la vulnérabilité
Des phénomènes d’inondations fréquents et de grandes ampleurs
Le Gard est un département fortement soumis à l’aléa (inondation). Depuis la moitié du 13ème siècle, le Gard a connu plus de 480 crues ! L’équinoxe d’automne représente la période la plus critique avec près de 75% des débordements. La notion de crue exceptionnelle est relative car des événements d’ampleur équivalente, voire supérieure, se sont déjà produits dans le passé. On retiendra toutefois les années 1958, 1988, 2002, 2003 et 2005 qui ont été marqué le département par des phénomènes importants.
Une fragilité croissante du territoire face à ces phénomènes
La vulnérabilité (fragilité) du Gard face aux inondations est croissante. En 1999, 231 000 personnes habitent en zone inondable, soit 37% de la population gardoise. Soit un accroissement en valeur absolue depuis 1990 de 9,25% alors que l’augmentation globale de la population sur le département sur la même période (1990/1999) est de 6,3%.
18,5% du territoire gardois se situe en zone inondable,
5% de la surface du département est urbanisée mais 30% de l’urbanisation est implantée en zone inondable.
Lors des inondations de septembre 2002, 299 communes sur 354 ont été sinistrées, 22 décès ont été déplorés et les dégâts se sont élevés à 830 M€. C’est plus de 7 200 logements et 3 000 entreprises qui furent sinistrés. Les inondations de 2003 ont impacté 37 communes et fait 300M€ de dégâts, celles de 2005 ont touché 86 communes et fait 26,65M€ de dégâts.
Des responsabilités collectives et individuelles
Face à ce constat, la nécessité de réduire durablement la vulnérabilité de notre territoire est apparue comme une évidence. Parce que l’ensemble des enjeux situés en zone inondable ne peut pas faire l’objet ni d’une délocalisation ni d’une protection absolue, il s’agit de gérer les risques résiduels (qui demeurent) afin de réduire l’impact des inondations sur les personnes, sur les biens et sur les activités économiques. C’est pourquoi, il est primordial de viser à ne pas accroître les dommages en évitant toutes implantations nouvelles en zone inondable, en adaptant les logements existants, les équipements et les activités. Il faut parvenir à assurer la sécurité des personnes mais aussi limiter les dégâts, en développant et améliorant simultanément la conscience du risque et la gestion des évènements.
Mais on comprend aisément qu’au delà des responsabilités des services ou des collectivités publiques, l’implication de chacun, à son niveau, est indispensable avant, pendant et après les inondations: adopter les bons comportements, adapter ses installations...Nous sommes tous acteurs de notre propre sécurité.
Les multiples facettes de la réduction de la vulnérabilité
La réduction de la vulnérabilité concerne non seulement les particuliers au travers des logements mais aussi les activités économiques, agricoles, les équipements d’intérêt public (réseaux d’eau potable, assainissement, téléphonie..) et les activités publiques (écoles, transports scolaires, services publics..).
Les effets d’une inondation peuvent impacter non seulement les enjeux situés en zone inondable mais également affecter indirectement des biens ou activités en dehors du champ d’inondation (du fait notamment de la coupure de réseaux (route, électricité …)).
Ainsi, réduire sa vulnérabilité impose d’appréhender les dommages non seulement dans leur ensemble, dommages directs (immédiats) et indirects (perte d’exploitation pour une entreprise, chômage technique, traumatisme psychique pour les personnes..) mais aussi à l’échelle d’un territoire (au-delà de la zone inondable).
Pour réduire la vulnérabilité il est possible :
- de prévoir des dispositifs temporaires de protection limitant la pénétration de l’eau (notamment les barrières anti inondation type batardeau)
- d’adapter les équipements à l’inondation (mettre hors d’eau les tableaux électriques, la chaudière …)
- d’adapter les choix des matériaux (utiliser des matériaux moins sensibles à l’eau comme l’utilisation des huisseries en PVC, préférer le carrelage au parquet …) et les techniques constructives (création d’un vide sanitaire, rehausse de plancher..)
- d’adapter l’aménagement des habitations (repenser la distribution des pièces, créer un espace refuge…)
- d’adopter des comportements adéquates en fonction des situations (surélever des biens, évacuer, ne pas circulez sur les chaussées inondées ..)
Ces mesures sont complémentaires entre elles et doivent être adaptées à chaque situation en fonction de propres conditions d’inondabilité.
Les coûts de mise en œuvre sont variables mais il est important de souligner que beaucoup de mesures sont pas ou peu onéreuses et relèvent bien souvent « du bon sens » et de l’organisation. Les gains peuvent être considérables à titre d’exemple :
- déplacer certains biens mobiliers peut permettre de réduire jusqu’à 80 % les dégâts subis.
- arrimer sa cuve de fuel permet d’éviter que sous la pression de l’eau elle ne se soulève, que le fuel se répande et ne souille son logement mais aussi celui de ses voisins. Ici les dégâts évités aux bâtis peuvent atteindre 50 à 65%.
Modifié le 23-09-2010
